Les Lumières passeraient-elles le flambeau ?

À l’heure des nouvelles technologies, quelle place donnons-nous encore au souvenir ? Pourtant, alors que le rythme du monde ne cesse d’accélérer, les journées de commémoration se sont multipliées, les lois sur la succession sont âprement discutées et les religions plus vivantes que jamais. Quel est l’impact des dernières innovations et transformations sur nos héritages passés et transmissions futures ? Qui sont les nouveaux Diderot ?

Legacy et sa traduction Transmission en français sont les deux faces d’un même concept : l’un est un objet, l’autre un processus. Ils se rapprochent et se complètent, car ils ne peuvent exister seuls. Ils nous relient les uns aux autres car nous avons hérité et nous transmettons à d’autres (enfants, élèves, collègues…), qui donneront à leur tour. On a tous reçu quelque chose, que ce soit un ADN, des références socio-culturelles, un capital financier, ou encore une foi, religieuse ou politique, des convictions, un savoir-faire, un savoir-être. La transmission est souvent collective : le rôle des entreprises doit toujours être pris en compte car elles sont porteuses de valeurs et sont profondément inscrites dans le paysage français.

Hélas, la transmission n’est pas toujours bonne en soi. On peut transmettre un virus mortel comme la peste ou le SIDA et ses corollaires informatiques, malware et fake news. Dans notre monde ouvert et interconnecté, on note une transmission généralisée : les modes vestimentaires, musicales ou politiques sont maintenant globales.

La mère des batailles de la transmission est celle de nos mémoires : « Une tête sans mémoire est une place sans garnison » écrivait Napoléon. En aurait-il dit autant si Google avait été son ami ? Avec la technologie, plus rien ne s’oublie, puisque tout se stocke : qui comprend encore quelque chose aux entrailles de nos IPhones ? Pas forcément un drame, diriez-vous. En revanche, c’est plus ennuyeux lorsqu’on ne sait plus transmettre des gestes écologiques, comme planter et cultiver sans pesticides…

Et c’est d’autant plus grave que ne pas savoir transmettre la mémoire des guerres, de la Shoah, des atrocités, est le meilleur moyen de voir se rejouer les pires horreurs. Replonger en arrière est toujours possible, comme nous l’a longtemps rappelé la fiction et ce dont la réalité de certaines élections se charge aujourd’hui.

Tout l’enjeu d’une transmission bien pensée est de retisser du lien entre les générations, sans oublier les querelles du passé mais en les dépassant. En 1789, l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirmait que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. En 2019, il faut se rappeler que les hommes, cela inclut aussi les générations futures.

Oups!

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