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La politique du plaisir by Rebecca Amsellem (3/3)

La conception de l’amour aurait-elle évolué ? Ou serait-ce celle du sexe ? 

Dans un article publié dans The Independent, Virginia Ironside, nous apprend que les années 60 et l’arrivée de la pilule contraceptive a obligé les mouvements féministes à inventer le slogan « Non, c’est non » tant les femmes se retrouvaient dans une position vulnérable. L’auteure nous raconte qu’elle se sentait obligée de coucher avec un homme qui lui avait offert un dîner. Jusqu’alors, le sexe était intrinsèquement lié à l’amour, au mariage puisque le contraire impliquait le risque tomber enceinte. C’est donc la pilule contraceptive qui a permis la séparation entre le sexe et l’amour. C’est comme si la notion de consentement avait été effacée du cerveau des hommes tant les pratiques sociales les infantilisait. Une autre autrice que j’adore en parle parfaitement, Erica Jong dans Le complexe d’Icare – un livre que je vous conseille et qui a pour objectif de « Ouvrir le cerveau d’une femme et montrer ce qu’il y a dedans » : « Et pourtant les hommes tiennent pour acquis que tout refus de la part d’une femme fait seulement partie du jeu. Du moins bon nombre d’hommes, sinon tous. Quand ils disent « non », c’est non. Quand c’est une femme, cela signifie oui, ou peut être (au minimum). C’est même devenu une bonne plaisanterie. Et petit à petit, les femmes se sont faites à cette idée et ont fini par y croire aussi. »

Loin d’être un facteur érotique, l’ignorance choisie du plaisir féminin entraîne confusions et inégalités. Se réapproprier le champ du plaisir féminin est un acte politique, un acte de rébellion à tous ceux qui disent que les femmes n’en ont pas le droit, n’en ont pas l’utilité ; à tous ceux qui ne cessent de faire passer les sujets féminins pour des sujets de seconde zone. 

Ce qui est bien avec le plaisir féminin, c’est qu’il ne nécessite ni chute ni conclusion. Je terminerai néanmoins avec ces mots d’Emma Dee du groupe BAGARRE qui balaye ce tabou qu’est le plaisir solitaire féminin avec cette phrase «  je me sens libre, méchamment libre ». 


Rebecca Amsellem a fondé en 2015 la newsletter féministe Les Glorieuses. En juillet 2019, elle est intervenue aux Napoleons sur le thème de la Transmission. En amont de notre Sommet sur les Plaisirs, Rebecca nous a aimablement proposé ce texte en 3 parties sur le plaisir féminin. A suivre donc !

Crédit photo :  ©France Info

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