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Napoleons’ Crush
« J’ai perdu mon corps »

Par Marjorie Paillon

En ces temps de confinement où le voyage intérieur a pris le pas sur le voyage tout court, où les écrans numériques présentent une fenêtre sur le monde, notre quête d’évasion n’a jamais été aussi salvatrice.

S’évader, le temps d’un conte moderne. Se transporter dans la vie d’un autre, un personnage dit de fiction, héros d’un quotidien pourtant bien tangible.

Récompensé à Cannes et Annecy, adoubé aux Césars et nommé aux Oscars, « J’ai perdu mon corps » est de ces histoires-là. Un petit bijou animé par le réalisateur Jérémy Clapin, adapté du roman éponyme de Guillaume Laurant et sorti en salle en novembre dernier. Il y a une éternité en somme.

Notre temps suspendu nous offre la possibilité de plonger avec curiosité dans le parcours du combattant de cette main, échappée d’un laboratoire, à la recherche de son propriétaire. Cinq doigts qui veulent retrouver leur port d’attache, leur humain d’origine. Au même moment, nous faisons la rencontre de Naoufel, livreur de pizzas et d’histoires, cabossé par la vie. Orphelin vivant chez son oncle, flanqué d’un cousin de bric et de broc, l’adolescent tombe sous le charme de Gabrielle. Jusqu’à se faire embaucher par un menuisier, seule famille de la jeune bibliothécaire, pour la retrouver. Une quête en kit, entre débrouillardise et bricolage amoureux. Des souvenirs heureux de l’enfance de Naoufel, à son apprentissage d’une vie qui ne lui fait pas de cadeau, en passant par cette main sillonnant inlassablement un Paris sans fard : les images s’entremêlent et tissent un parcours initiatique et poétique.

Une odyssée urbaine au thème pourtant universel : la recherche de l’identité.

Une trajectoire qui passe par la main, ses nervures, son irrigation, ses lignes, ses empreintes. Sa singularité, sa force ou sa désinvolture. Symbole identitaire par excellence, chéri de Michel-Ange à Guy de Maupassant, la main nous lie au monde. Elle nous annonce aux autres, nous révèle à nous-même, nous donne le pouvoir d’accomplir notre destin.

Et bien que ce moment de distanciation sociale ne nous permette pas de nous prendre par la main, faisons-le virtuellement. Prenons-nous en main. Entamons des tribulations intérieures à l’instar de Naoufel pour mieux nous retrouver, et changer notre extérieur. Embrassons ce futur qui sera solidaire ou ne sera pas. Marquons-le de nos empreintes communes. Construisons de nos mains des lendemains qui chantent.

« J’ai perdu mon corps… »,
film d’animation, réalisateur Jérémy Clapin,
sortie 6 novembre 2019.

Article extrait de la newsletter « The Napoleons Report » – 018


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