Edito

Power to the people

By Pascal Beria

A n’en point douter, le citoyen connecté est désormais devenu un virtuose prompt à noter, évaluer, commenter, collaborer, dialoguer. C’est évidemment, d’une manière générale, une bonne et belle chose. Mais cet « empowerment » a aussi sa part d’ombre qui a pour corolaire une mise sous les feux de la rampe d’individus pour une responsabilité qui incombe souvent plutôt au collectif. Ainsi, Edward Snowden apparait comme le symbole d’une fronde généralisée contre la société de surveillance alors que Mark Zuckerberg devient, pour sa part, le bouc émissaire des reproches faits aux excès du numérique. Pour autant, l’un comme l’autre ne peut nullement nous exonérer de nos propres responsabilités.

Cette primeur de la responsabilité individuelle sur le collectif a été fort bien analysée en son temps par le philosophe Michel Foucault comme une manière « d’influer la conduite des autres ». Et de fait, il existe aujourd’hui une forme d’injonction collective qui conduit chacun de nous à se conformer à une forme d’éthique. Et cela d’autant plus que l’impact de nos actes ne peut désormais plus être ignoré. Prendre un Uber, commander sur Amazon, voyager en avion ou se gaver de fraises à Noël ne sont neutres ni socialement, ni économiquement ni désormais environnementalement. Chacun de nos comportements nous charge donc individuellement d’une responsabilité inédite et nous soumet potentiellement à une critique de la société.

Pourquoi revient-il à l’individu de faire ces choix éthiques ? Au nom de quelle liberté doit-il choisir entre un produit vertueux et un autre qui le serait moins ? Et selon quels critères ? L’existence même d’un tel choix signifie que l’Entreprise s’est, à un moment de son histoire, désengagée de sa propre responsabilité sociétale pour chercher plutôt à diriger nos choix. C’est dans ce contexte que l’empowerment reprend tout son sens. Nous avons tous, en tant qu’individu, la capacité à faire changer les choses. Puisque consommer c’est voter, notre responsabilité individuelle est de soumettre les entreprises à cette même injonction éthique et de leur permettre de renouer avec une responsabilité qui ne soit pas une façade, mais qui réponde à un besoin collectif. Et le collectif, c’est aussi une chose à laquelle on croit fortement aux Napoleons.

Article extrait de la newsletter « The Napoleons Report » – 014


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