radical

Le mot, déjà, claque comme un slogan.

Par ses consonances, il porte une forme de rigueur toute… radicale. Le mot recouvre cependant des réalités bien différentes. Il présente même cette dualité propre aux concepts chahutés par l’Histoire.

C’est d’ailleurs cette condition qui nous a amenés à questionner ce sujet dans le cadre de notre prochain sommet.

Dans le débat public, radical est un qualificatif pratique pour écarter sans détour les idées dissonantes. Celles qui peuvent déranger la norme raisonnable admise. Crier au radicalisme est une manière commode de disqualifier l’adversaire et de le positionner de facto dans la marginalité. Là où il n’a aucune chance de changer le monde. La radicalité devient rapidement, dans la bouche de ceux qui la réfutent, le faux nez de l’extrémisme et du fanatisme.

Par un habile tour de force, cette radicalité semble pourtant être devenue, dans le même temps, une condition de probité militante. Quel que soit le combat, ne serait légitime que celui ou celle passé, un jour, par une forme de radicalité. Une forme de lettre patente à ajouter à son CV qui se heurte toutefois au piège de la doctrine. On en découvre aujourd’hui les dérives par les excès du wokisme et de la cancel culture. Une mécanique également en marche sur les réseaux numériques, qui ont parfois du mal avec la nuance et la mesure.

On n’est jamais assez radical, prônent ceux qui recherchent constamment la pureté militante. On l’est rapidement trop, pour ceux pour qui être radical, c’est prendre le risque de s’écarter du « combat ordinaire » et, par conséquent, n’avoir aucune chance de le réformer.

Cependant, l’acte radical ne vise pas toujours la réforme. Lorsqu’il s’exprime dans l’art, le sport, l’innovation, la création ou l’expérience de vie, il se transforme alors plutôt en modèle à suivre. Une leçon d’idéalisme salvateur et de dépassement de soi. Celui nécessaire pour faire face à une autre forme de radicalité qui, elle, s’impose à nous un peu plus tous les jours. Les catastrophes climatiques, les crises migratoires, les inégalités sociales. Limiter le réchauffement planétaire à 2 °C ne se fera que par des mesures radicales. Pas par la politique des petits pas.

Nous sommes à un moment charnière où la radicalité est une condition nécessaire aux changements de modèles nécessaires. Sans elle, ce sont ces changements qui s’imposeront à nous sans ménagement. C’est une radicalité collective, qui doit attaquer les sujets « à la racine », pour reprendre sa source étymologie, là où il est toujours bon de revenir pour retrouver du sens.

Les Napoleons revendique cette forme de radicalité collective. Nous pensons que le dialogue, le partage de connaissances, l’expérimentation sont les conditions d’une compréhension des enjeux et d’une responsabilisation individuelle qui conduit à l’engagement et aux solutions opérantes.

Sans dogmatisme mais avec convictions. C’est à cette condition que nous acceptons cette radicalité.

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